Le participe passé du verbe inclure pose un problème morphologique que la plupart des locuteurs résolvent par analogie avec conclure ou exclure. Cette analogie est la source directe de la majorité des erreurs. Inclus conserve toujours son -s au masculin singulier, là où conclu et exclu n’en prennent pas.
Inclure, conclure, exclure : la dissymétrie morphologique qui piège les rédacteurs
Nous observons systématiquement la même confusion dans les textes professionnels : un rédacteur écrit « inclu » parce qu’il aligne mentalement le participe passé d’inclure sur celui de conclure (conclu) et d’exclure (exclu). Le raisonnement paraît logique, mais il est faux.
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Inclure suit un modèle de conjugaison distinct. Au participe passé, la forme correcte est inclus au masculin, incluse au féminin. Conclure donne conclu/conclue, exclure donne exclu/exclue. Cette dissymétrie n’a rien de récent : elle est documentée par les grammaires universitaires et confirmée par des ressources comme Usito (Université de Sherbrooke).
Le piège est d’autant plus tenace que les trois verbes partagent la même terminaison en -ure à l’infinitif. Retenir cette différence exige un effort délibéré, pas un réflexe analogique.
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Accord du participe passé d’inclure : les erreurs concrètes à corriger
La forme « inclue » au féminin est une faute fréquente dans les documents commerciaux et administratifs. On la retrouve dans des phrases comme « la garantie est inclue dans le contrat ». La forme correcte est incluse, avec un -s- intercalé.
Les formes au pluriel suivent la même logique :
- Masculin pluriel : inclus (la marque du pluriel est déjà portée par le -s existant)
- Féminin pluriel : incluses
- La forme « inclues » n’existe pas en français standard
Avec l’auxiliaire avoir, l’accord du participe passé suit la règle classique : il s’accorde avec le complément d’objet direct placé avant le verbe. « Les prestations que nous avons incluses dans le dossier » prend la marque du féminin pluriel parce que « prestations » précède le participe.

Ci-inclus : accord variable selon la position dans la phrase
L’expression ci-inclus constitue un cas à part que nous recommandons de traiter comme une règle positionnelle, pas comme une règle d’accord classique.
Ci-inclus reste invariable quand il est placé en tête de phrase ou devant un nom sans déterminant. « Ci-inclus les pièces demandées » ne prend ni marque de genre ni marque de nombre. Dans cette position, ci-inclus fonctionne comme un adverbe.
En revanche, lorsqu’il suit le nom ou se trouve en position d’attribut, l’accord devient obligatoire : « les pièces ci-incluses », « la facture ci-incluse ». Le critère de décision est mécanique : si ci-inclus est postposé au nom, il s’accorde.
Un troisième cas existe, plus flottant : devant un nom précédé d’un déterminant (« ci-inclus la copie » ou « ci-incluse la copie »). Les deux formes sont acceptées par les grammaires de référence. Nous préconisons l’invariabilité dans ce cas pour simplifier les pratiques rédactionnelles en entreprise.
Inclus avec des dates et des intervalles : la fausse évidence
L’emploi d’inclus dans les expressions temporelles (« du lundi au vendredi inclus ») génère une erreur d’accord que les correcteurs automatiques ne détectent pas toujours.
Dans « du 1er au 15 mars inclus », le mot inclus porte sur la borne finale de l’intervalle. Certains rédacteurs écrivent « incluse » quand la borne est un nom féminin (« jusqu’à la date incluse »). L’accord se fait alors avec le nom auquel inclus se rapporte, ce qui est parfaitement régulier.
La difficulté surgit avec des formulations ambiguës. « Semaines 12 à 16 incluses » accorde avec « semaines » (féminin pluriel). « Chapitres 3 à 7 inclus » reste au masculin pluriel. Le réflexe à acquérir est d’identifier le nom noyau avant d’accorder.
Rectifications de 1990 et tolérance scolaire : ce que cela change (et ne change pas) pour inclus
Les rectifications orthographiques de 1990 ont assoupli certaines règles du participe passé, notamment avec l’auxiliaire avoir. Dans un cadre pédagogique, le participe passé avec avoir peut être enseigné comme invariable selon la règle dite « réformée ».
Le programme de français du collège publié au Journal officiel le 5 mars 2026 confirme cette orientation : les graphies ancienne et rectifiée sont acceptées de manière égale, et aucun élève ne peut être pénalisé pour avoir choisi l’une ou l’autre.
Cela ne signifie pas que « inclu » devienne acceptable. Les rectifications de 1990 ne touchent pas la morphologie du participe passé d’inclure. Le -s de inclus n’est pas une question d’accord mais de forme lexicale. Même dans le cadre le plus tolérant, « inclu » reste une faute.
Ce que les rectifications changent en pratique, c’est la sévérité avec laquelle on évalue l’accord de ce participe dans une phrase complexe avec avoir. Mais la base, inclus/incluse, reste intouchée.

Protocole de relecture pour éviter ces erreurs dans un dossier professionnel
Nous recommandons une vérification en trois points, applicable à tout document administratif, commercial ou juridique :
- Rechercher toutes les occurrences de « inclu » sans -s dans le texte. Un simple Ctrl+F suffit à repérer la forme fautive, que les correcteurs orthographiques laissent parfois passer
- Vérifier chaque occurrence de « ci-inclus » en contrôlant sa position par rapport au nom : avant le nom sans déterminant (invariable), après le nom (accord obligatoire)
- Pour les intervalles de dates, identifier le nom noyau de la borne finale et accorder en conséquence, sans se fier à l’habitude du masculin par défaut
La forme « inclue » au féminin est l’erreur la plus répandue dans les courriers d’entreprise et les documents d’assurance. Elle passe souvent inaperçue parce qu’elle semble régulière par analogie avec « conclue ». Un contrôle ciblé sur ce point précis suffit à éliminer la majorité des fautes liées au verbe inclure.

